Cinq jours dans un État que personne ne reconnaît : comment on y entre, ce qu’on y voit, et pourquoi un match de football en dit plus long qu’un musée.
La Transnistrie est une bande de terre coincée entre le fleuve Dniestr et la frontière ukrainienne. Elle a proclamé son indépendance en 1990, l’a défendue par les armes en 1992, et vit depuis sous un cessez-le-feu qui n’a jamais débouché sur un traité.
Aucun État membre de l’ONU ne la reconnaît. Pour le droit international, ce territoire fait partie de la République de Moldavie. Sur place, il a sa monnaie, ses douanes, sa police, son drapeau à la faucille et au marteau, son championnat de football et ses plaques d’immatriculation. C’est exactement cet écart — entre ce que dit le droit et ce que montre le terrain — que le voyage donne à voir.
C’est la porte d’entrée habituelle. La capitale moldave est à environ soixante-dix kilomètres de Tiraspol, et la route se fait dans la journée.
Le train Prietenia relie historiquement Bucarest à Chișinău en couchette, de nuit, en franchissant la frontière roumano-moldave. C’est un trajet qui fait partie du voyage plutôt qu’un simple transfert. C’est l’itinéraire retenu : le voyage se fait dans le sens Bucarest → Chișinău, avec un départ de Bucarest en fin de journée et une arrivée à Chișinău le lendemain matin.
Il n’y a pas de frontière internationale : il y a un poste de contrôle transnistrien, tenu par des militaires, où l’on descend du véhicule et où l’on présente ses papiers. L’attente est variable. Nous franchissons ce poste avec vous, et nous vous expliquons ce qui s’y joue plutôt que de vous demander de vous taire.
La Transnistrie n’étant reconnue par personne, il ne s’agit pas d’un visa au sens habituel : une autorisation de séjour est délivrée au poste de contrôle, sur présentation du passeport. Il faut un passeport en cours de validité. L’autorisation est accordée pour une durée qui va de 24 heures à 45 jours au maximum. Le passage est simple, et votre accompagnateur est présent pour le rendre le plus fluide possible. Un point à retenir avant d’arriver : les photos et les vidéos sont interdites au poste-frontière.
La seule référence qui fait foi est la fiche Conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour la Moldavie. Son classement peut changer, et il change parfois vite. Nous la surveillons pour chaque départ et nous vous prévenons si elle évolue avant le vôtre.
Nous ne vous dirons pas que tout va bien parce que cela nous arrange. Nous vous dirons ce que dit la fiche, et ce que nous avons vu la dernière fois que nous y étions.
Le FC Sheriff Tiraspol joue dans le championnat moldave — celui du pays dont la Transnistrie s’est séparée. En 2021, il a atteint la phase de groupes de la Ligue des champions et gagné au Santiago-Bernabéu. Le club appartient au groupe qui tient l’essentiel de l’économie du territoire.
Assister à une rencontre dans son complexe sportif, c’est voir en une soirée ce qu’un rapport géopolitique met trente pages à expliquer.
Tiraspol est une ville soviétique restée debout : l’avenue du 25-Octobre, le siège du Soviet suprême et son Lénine, le char T-34 dressé en mémorial, la maison des Soviets. Rien de tout cela n’est un décor reconstitué — c’est la ville telle qu’elle fonctionne.
À une vingtaine de kilomètres, Bender et sa forteresse, sur l’autre rive du Dniestr. Et la distillerie Kvint, qui produit ses eaux-de-vie depuis la fin du XIXe siècle et figure sur les billets de banque locaux.
Le déroulé : trois jours à Bucarest, le train de nuit vers Chișinău, deux jours dans la capitale moldave, puis Tiraspol et Bender côté transnistrien, et une dernière étape avant le retour. La date du prochain départ n’est pas encore arrêtée.
La monnaie est le rouble transnistrien, dont le taux est à peu près de un pour un avec le leu moldave. Il ne s’échange pas hors du territoire.
Les cartes Visa et Mastercard ne fonctionnent pas en Transnistrie. Il faut donc emporter de quoi tenir en espèces pendant les deux jours et demi passés sur place.
Le plus simple est de partir avec des billets en euros en bon état, que nous changeons en lei moldaves puis en roubles transnistriens. Comptez 50 € par jour : c’est un budget très confortable là-bas.
Quelques repères, pour se faire une idée :
La Moldavie fait partie de la zone d’itinérance européenne : à Chișinău, votre forfait fonctionne comme en France.
En Transnistrie, c’est autre chose. Les opérateurs moldaves n’ont pas le droit d’y installer leurs antennes : à Bender vous capterez un peu, à Tiraspol beaucoup moins. Acheter une carte SIM locale est possible, mais compliqué.
En pratique, on se connecte au wifi : les parcs de Tiraspol en offrent trente minutes par jour, les cafés et les restaurants ont le leur, et l’hôtel aussi.
Le russe domine. Le moldave s’y écrit en alphabet cyrillique, ce qui n’est le cas nulle part ailleurs. Le français et l’anglais ne vous mèneront pas loin sans quelqu’un : c’est précisément pourquoi il y a un accompagnateur francophone avec vous.
Bâtiments officiels, militaires, poste de contrôle : on ne photographie pas n’importe quoi n’importe où. Nous vous disons sur place ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.
Chișinău, le passage de frontière, Tiraspol et Bender. Le quotidien d’un État que personne ne reconnaît.
Bucarest, le Prietenia de nuit, Chișinău. Deux matchs, deux capitales, une frontière.
Le Palais de la Culture, les quartiers reconstruits, et un tifo de Legia depuis la tribune.
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La Transnistrie n’étant reconnue par aucun État membre de l’ONU, il ne s’agit pas d’un visa au sens habituel : une autorisation de séjour est délivrée au poste-frontière. Un passeport en cours de validité suffit, et l’autorisation est accordée pour 24 heures à 45 jours au maximum. Le passage est simple, l’accompagnateur est là pour le fluidifier. Attention : photos et vidéos sont interdites au poste de contrôle.
Non. Le territoire fait juridiquement partie de la République de Moldavie et n’est reconnu par aucun État membre de l’ONU. Il dispose pourtant de sa monnaie, de ses douanes, de sa police et de son propre championnat de football — c’est précisément ce que le voyage donne à voir.
Le voyage commence à Bucarest, rejoint Chișinău par le train de nuit Prietenia, puis continue vers Tiraspol. Le sens est toujours Bucarest → Chișinău.
Avant toute inscription, consultez la fiche « Conseils aux voyageurs » du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour la Moldavie : elle fait foi, et son classement peut changer. Nous vous signalons tout changement avant le départ.
Non : les cartes Visa et Mastercard ne fonctionnent pas en Transnistrie. On emporte des billets en euros en bon état, que nous changeons sur place en lei moldaves puis en roubles transnistriens. 50 € par jour est un budget très confortable, et le séjour en Transnistrie dure deux jours et demi.
Le voyage se fait beaucoup à pied : compter quinze à vingt kilomètres de marche par jour en moyenne, plusieurs jours de suite. Il faut être bon marcheur. Les trajets entre les villes se font en train de nuit et en transferts routiers.
Douze voyageurs au maximum, un accompagnateur francophone, et une frontière que la plupart des agences refusent de franchir.
Les dates annoncées sont prévisionnelles : un départ est confirmé à partir de huit inscrits. Dites-nous les vôtres, on vous tient au courant dès que le groupe est réuni.